Origine du franais
au Canada

Qubcois - Acadiens

(notes)

A- Le fond Franais. (de France)

1- Le fond primitif de notre langue nous vient des premiers colons de la Nouvelle-France

Plus des deux tiers des Franais qui sont venus s'tablir en Nouvelle-France taient de condition modeste : paysans, petits artisans ; bien sr courageux mais peu instruits. Ils taient originaires des quatre coins de la France.

2- Quelle espce de franais parlaient-ils ?

a) Les dialectes
qui se partageaient la France au Moyen-ge s'taient mietts en une poussire de langages ruraux.
b) Le franais national, celui de la cour et des crivains, tait loin de s'tre implant partout, cette poque de la colonisation de l'Amrique par la France. On l'crivait ce franais mais on ne le parlait pas.
c) Les classes laborieuses. Elle fourniront la quasi-totalit des colons et ces derniers conserveront leur parlure. vrai dire, ce n'est qu'au XVIIIime sicle que datent les progrs du franais au sein du peuple de France.

B- Le fond Canadien

1- Si varis et si nombreux que fussent les dialectes et les patois transports au Canada, ils         avaient nanmoins plusieurs caractres communs puisqu'ils provenaient d'une source unique. Il s'agissait de gens parlant avec des variantes plus ou moins sensibles, selon leur provenance, une langue qui n'allait se stabiliser et s'uniformiser en France mme, qu'une centaine d'annes plus tard.

2- L'instruction n'tait gure assez dveloppe en Nouvelle-France pour jouer un rle dcisif dans le dveloppement de notre langue. C'est pourquoi notre langue s'est forme elle-mme, sans contrainte et sans autres caractristiques ajoutes que celles des gens plus cultivs comme les notaires, les curs, les officiers, les administrateurs.

3- Le grand facteur d'galisation a t l'oreille. Sous l'action de diffrents facteurs, la prononciation s'est modifie. Les besoins, les usages et les institutions ont transform le vocabulaire. De cet amalgame est n le franais du Qubec, une langue qui allait devenir beaucoup plus homogne que celle des campagnes de la mre patrie d'o elle venait. En effet notre nouvelle terre runissait dans des endroits peu nombreux toute la gamme des sons du franais d'origine. 

4- Dans cette transformation du franco-canadien, les sons ont t les premiers attaqus  et transforms ; c'est la loi du moindre effort. Nos valeureux anctres avaient d'autres endroits puiser leurs forces.
L'orthographe suit le son. La prononciation dforme les mots, si bien qu' la longue, force d'tre rpts d'une manire fautive, les mots passent dans le vocabulaire officiel tels qu'ils sont prononcs.
Exemple : Une broquette (petit clou tte plate) devient une braquette ; une chantepleure devient une champlure ; tordu, dtors ; crabouiller, crapoutir ; frtiller, fortiller ; brouette, barouette ; etc, etc.

C- Le Fond Anglais

1- Le grand danger

Dans la langue de notre pays comme dans le franais de France il y a des mots anglais. tant donn ici le caractre ethnique du pays et mme du continent, il y en a beaucoup.
Le danger ne rside pas dans l'emploi de termes trangers. Il rside premirement dans l'emploi inutile d'un mot anglais ; deuximement dans la traduction littrale de termes, de locutions et de phrases anglaises. 

2- Les causes de l'invasion de notre langue par les anglais

a) L'environnement

Nous vivons sur un continent anglo-saxon. force de respirer, de sentir, de voir, d'entendre, de toucher anglais, nous finissons par adopter tantt un terme anglais, tantt une tournure anglaise.

b) L'cole

Son effort a port beaucoup sur la langue crite. Il faut continuer. Mais ce dont nous avons aussi besoin c'est de savoir beaucoup de mot. Nous pourrions ici affirmer : quoi bon les rgles de grammaire si devant les choses, si l'apprhension d'une ide nous devenons impuissants les nommer ou les exprimer clairement.

c) Notre situation de vaincu

Depuis la conqute les Anglais se sont imposs partout en apportant leur langue. Ils ont import leurs formes politiques d'Angleterre ; ils ont mont les affaires avec leurs capitaux et leurs techniciens. Nous n'avons presque rien cr par nous-mmes avec notre langue. Nous avons d, pour vivre, nous mettre leur service. C'est donc d'eux que nous avons appris le vocabulaire de toutes les occupations qui nous sont ouvertes, sauf l'agriculture, quelques mtiers et les professions librales.

Joachim Leblanc

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La langue de chez nous


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Paroles et musique de Yves Duteil 
Les Editions de l'Ecritoire. 

                   C'est une langue belle avec des mots superbes
                   Qui porte son histoire travers ses accents
                   O l'on sent la musique et le parfum des herbes
                   Le fromage de chvre et le pain de froment

                   Et du Mont St-Michel jusqu' la Contrescarpe
                   En coutant parler les gens de ce pays
                   On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
                   Et qu'il en a gard toutes les harmonies

                   Dans cette langue belle aux couleurs de Provence
                   O la saveur des choses est dj dans les mots
                   C'est d'abord en parlant que la fte commence
                   Et l'on boit des paroles aussi bien que de l'eau

                   Les voix ressemblent aux cours des fleuves et des rivires
                   Elles rpondent aux mandres, au vent dans les roseaux,
                   Parfois mme aux torrents qui charrient du tonnerre
                   En polissant les pierres sur le bord des ruisseaux

                   C'est une langue belle l'autre bout du monde
                   Une bulle de France au nord d'un continent
                   Sertie dans un tau mais pourtant si fconde
                   Enferme dans les glaces au sommet d'un volcan

                   Elle a jet des ponts par-dessus l'Atlantique
                   Elle a quitt son nid pour un autre terroir
                   Et comme une hirondelle au printemps des musiques
                   Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

                   Nous dire que l-bas dans ce pays de neige
                   Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout
                   Pour imposer ses mots jusque dans les collges
                   Et qu'on y parle encore la langue de chez nous

                   C'est une langue belle qui sait la dfendre
                   Elle offre des trsors de richesse infinie
                   Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
                   Et la force qu'il faut pour vivre en harmonie

                   Et de l’Ile d'Orlans jusqu' la Contrescarpe
                   En coutant chanter les gens de ce pays
                   On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
                   Et qu'il a compos toute une symphonie

                   Et de l’Ile d'Orlans jusqu' la Contrescarpe
                   En coutant chanter les gens de ce pays
                   On dirait que le vent s'est pris dans une harpe
                   Et qu'il a compos toute une symphonie.
 

 

 

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